Des conversations avec une IA indexées par Google : quand le secret a-t-il été rompu ?

Le week-end du 26 juillet 2026, des centaines de conversations partagées depuis
Claude étaient lisibles dans les résultats de Google. Une requête
site:claude.ai/share suffisait à les parcourir. Selon la presse, on y trouvait
des échanges portant sur des stratégies juridiques d’avocats. Anthropic a
désindexé les pages dès le dimanche.
Aucune faille n’a été exploitée
Le bouton « Partager » faisait exactement ce qu’il annonce : créer une page
publique. Il lui manquait une balise noindex, et Google indexe ce qui est
public. C’est son métier.
L’été 2025 avait produit le même épisode chez ChatGPT. Les deux fournisseurs ont corrigé vite.
Le moment exact où l’engagement cesse d’être tenu
Supposons qu’une de ces conversations contienne les données d’un client que vous vous êtes engagé par contrat à ne jamais divulguer.
L’engagement a cessé d’être tenu le jour où le dossier est entré dans le prompt. L’indexation, survenue des semaines plus tard, n’a fait que le rendre visible. Le partage puis la découverte appartiennent à la même chaîne : ils exposent une sortie déjà consommée.
Cette distinction a une conséquence pratique. Auditer ce qui a fuité après coup ne restaure rien. Le seul point d’action se situe avant l’envoi.
La trajectoire compte plus que le fournisseur
Une donnée qui quitte votre poste entre dans une chaîne que vous ne pilotez plus : le stockage du fournisseur, ses réglages de partage, ses en-têtes HTTP, l’indexation par un moteur tiers. Une balise HTML manquante suffit à en faire une page publique.
Aucune de ces étapes ne vous appartient. Changer de fournisseur déplace la chaîne, sans vous en rendre le contrôle.
Ce qui reste entre vos mains
Une seule variable reste sous votre contrôle : ce que le prompt contient au moment où il part.
C’est le principe du caviardage réversible exécuté sur votre poste. Le modèle reçoit la structure du dossier, les faits, la question juridique. Il ne reçoit ni le nom, ni le numéro, ni l’adresse. La table qui relie chaque jeton à sa valeur réelle reste sur votre machine.
Si la page devient publique un jour, elle ne contient rien à divulguer.
Source : Cybersecurity News, 27 juillet 2026.